«Léa pour Samy-La voix de l'enfant autiste», une organisation non gouvernementale (O.N.G.) d'envergure internationale agit, en France et au Maroc, pour la défense, la protection et l'intégration des enfants atteints d'autisme ainsi que pour l'accompagnement éducatif de leurs familles. Cette O.N.G. apolitique œuvre pour l'intérêt général de l'autisme.
Etant donné que les besoins de l'enfant autiste ne sont ni alimentaires, ni médicamenteux et puisqu'il n'y a pas de solution miracle pour une guérison totale des enfants atteints d'autisme, il est toutefois possible de leur venir en aide grâce à une prise en charge éducative, un diagnostic et une intervention précoce. Ceci leur permettra de s'adapter mieux à leur environnement et, pourquoi pas, devenir autonome. Ainsi apprécieront-ils davantage la qualité de la vie.
Le 3 juin 2006 à Marrakech a eu lieu le Premier Congrès International Léa pour Samy sur l'autisme, à la Faculté de Médecine et de Pharmacie. Ayant eu pour thème «La prévention et la protection pour les enfants autistes et leur famille», les congressistes avaient débattu alors des droits, des traitements et des politiques à mettre en œuvre en vue de faire épanouir les enfants autistes et alléger leur souffrance et celle de leurs parents.
«L'autisme n'est pas un trouble du langage mais bien de la Communication», rappelait à cette occasion Francine Cuny, orthophoniste dans le Service de psychopathologie de l'enfant et de l'adolescent de l'Hôpital Robert Debré de Paris. Pour remédier à ce handicap, la spécialiste de ce trouble de communication préconise une prise en charge de type orthophonique adaptée aux enfants atteints d'autisme. Auparavant, Anne Philippe, psychiatre à l'Hôpital de la Pitié-Salpêtrière et généticienne «INSERM U393» à l'Hôpital Necker, avait défini les signes précoces de l'autisme et présenté les recherches en génétique sur ladite maladie. Pénélope Komites, adjointe au Maire de Paris, chargée des personnes handicapées, était intervenue pour présenter la politique de la collectivité locale de Paris en matière d'autisme. Elle avait sollicité l'engagement des collectivités locales marocaines et avait invité les conseils élus à se pencher sérieusement sur ce problème en mettant en avant l'importance du rôle des associations.
Soulager l'autiste,
faute de guérir
M. Sajidi, Président de l'association «Léa pour Samy , la Voix de l'Enfant Autiste» en France et au Maroc, avait interpellé, lors de ce Premier organisé à Marrakech autour de ce handicap dont sont victimes un grand nombre d'enfants, les gouvernants qu'il rend responsables en premier lieu de l'absence de connaissances et de reconnaissance de l'autisme au Maroc. «L'autisme, disait-il, touche toutes les couches sociales et n'a pas de frontières; l'autisme est hétérogène et le degré d'atteinte varie d'un enfant à l'autre, il touche (si l'on inclut les troubles envahissants du développement) selon les statistiques internationales 1 enfant sur 166, soit 180.000 au Maroc». Il avait soutenu, sous la responsabilité des congressistes spécialisés en autisme, la thèse selon laquelle cette maladie n'est pas une fatalité. Certes on ne guérit pas de l'autisme mais on peut sauver les enfants qui en sont atteints en leur assurant un avenir digne de ce nom grâce à des approches éducatives adaptées. «Ne pas agir vite, ajoutait-il, c'est abandonner ces enfants à leur sort de handicapés par manque de traitement et donc privation d'épanouissement».
Ayant considéré cette attitude relevant de la non assistance à personne en danger, M'hammed Sajidi avait recommandé aux parents, aux associations et aux professionnels d'intervenir pour que la situation de ces enfants et celle de leur famille s'améliore.
Cette année, c'est à la Faculté de médecine et de pharmacie de Fès, durant deux journées (les 2 et 3 juin 2007), que cette ONG de grande envergure a tenu son deuxième congrès. Plusieurs sujets y ont été débattus par des spécialistes en matière d'autisme dont des neuropédiatres, des pédopsychiatres, des orthophonistes, des psychiatres, des psychomotriciens et des éducateurs spécialisés opérant en France, en Espagne et au Maroc. Les sujets relatifs à l'autisme traités lors de ce deuxième congrès consacré à ce trouble de communication en présence d'un certain nombre d'associations issues de plusieurs villes du royaume, dont celle de Meknès, qui a été représentée par l'Association «Diae» pour enfants en difficulté visaient, au-delà de l'apport des connaissances sur l'autisme, la sensibilisation et l'information en vue de répondre aux besoins du monde associatif et dynamiser son rôle dans le progrès social et culturel. L'objectif est également d'alerter l'opinion publique pour que l'ensemble des acteurs politiques, économiques, éducatifs et sociaux s'impliquent sérieusement. C'est une honte pour toute notre société que des milliers d'enfants marocains atteints d'autisme demeurent marginalisés. Les citoyens sont tous concernés et personne n'est à l'abri de ce handicap facile à surmonter, de nos jours, grâce aux innovations scientifiques d'un côté et à une bonne volonté politique surtout.
Mohamed KHOUKHCHANI
albayane.ma


