La délégation marocaine compte présenter à la prochaine session du Conseil des droits de l'Homme (CDH) un projet de résolution visant le lancement du processus d'élaboration d'une Déclaration des Nations Unies sur l'éducation et la formation en matière des droits de l'Homme, a indiqué, l'Ambassadeur, Représentant Permanent du Royaume du Maroc auprès de l'Office des Nations Unies à Genève, M. Mohamed Loulichki.
S'exprimant devant la 5ème session du Conseil, dans le cadre du dialogue interactif faisant suite au rapport du Rapporteur Spécial sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l'intolérance qui y est associée, M. Loulichki a mis l'accent sur l'importance de l'éducation et de la formation en matière des droits de l'Homme pour la lutte contre toutes les formes de racisme et de discrimination raciale.
«A cet égard, il est certain que le fait d'inculquer aux enfants, dés leur jeune âge, les valeurs de respect de l'autre, de tolérance et de non-discrimination, aura un effet positif sur leur acceptation du multiculturalisme et leur respect de la diversité et des spécificités culturelles, religieuses et civilisationnelles», a souligné l'Ambassadeur, précisant qu'il partage le diagnostique et l'analyse du responsable onusien à propos des manifestations multiples d'incitation à la haine, de discrimination raciale, de xénophobie et d'intolérance.
Cet état de choses devrait constituer, a-t-il dit, «une source d'inquiétude pour nous et nous inciter à prendre les mesures nécessaires pour lutter contre ces dérives».
Abordant la question de l'équilibre et la complémentarité entre la liberté d'opinion et d'expression et la lutte contre le racisme et la discrimination et la diffamation des religions, M. Loulichki a estimé que le Pacte international sur les droits civils et politiques ainsi que la convention pour l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale sont claires à ce sujet de même que les jurisprudences des organes des traités des droits de l'Homme.
Il a également insisté sur l'importance du dialogue interculturel et inter-religieux qui contribue au renforcement et à la consécration des valeurs de paix et de tolérance et à la lutte contre les différentes manifestations de haine, de racisme et de discrimination raciale.
S'agissant du rapport du Rapporteur spécial sur l'indépendance des juges et des avocats, M. Loulichki a indiqué que le Maroc considère l'indépendance des juges et des avocats comme un fondement essentiel de l'Etat de droit et l'approfondissement de la démocratie, qui doit être entouré des garanties conformes aux standards internationaux.
Le système législatif en vigueur au Maroc garantit cette indépendance, a-t-il encore fait savoir, y compris l'élection, par les juges eux-mêmes, des deux tiers du Conseil Suprême de la Magistrature. En outre, une réforme est en voie d'élaboration en partenariat avec l'ordre des avocats et le Parlement pour renforcer l'indépendance des avocats.
Al Bayane


