Le Coup d'envoi de la campagne nationale de lutte contre les piqûres et les envenimations Scorpioniques (PES) a été donné, vendredi à Essaouira, en présence notamment de André Azoulay, conseiller de S.M. le Roi et président de la Fondation Mohammed VI pour la recherche et la sauvegarde de l'arganier.
Placée sous le signe "Ensemble sauvons nos enfants du décès par piqûre de scorpion", cette campagne est initiée par le Centre national antipoison et de pharmacovigilance (CAPM) sous l'égide du ministère de la Santé, en collaboration avec la province d'Essaouira, la Fondation Mohammed VI pour la Recherche et la sauvegarde de l'Arganier et des ONG.
Lors d'une rencontre tenue au siège de la province d'Essaouira avec la participation de représentants de plusieurs associations et départements concernés, les intervenants ont mis l'accent sur la gravité de ce fléau qui, ont-ils insisté, requiert une collaboration multisectorielle et une forte mobilisation des associations dans le cadre d'un partenariat effectif et agissant.
Soulignant l'importance de la tenue de cette réunion à Essaouira d'autant plus que cette province, qui est connue pour ses forêts d'arganier, fait face au phénomène des piqûres de scorpion de manière significative, M. Azoulay a indiqué que cette journée va permettre de mieux maîtriser ce fléau par la prévention, l'éducation, la formation et par la prise en charge des patients.
Il a dans ce sens mis en avant le travail accompli par la direction du CAPM, notamment au niveau médiatique pour renforcer la prévention contre ce problème et garantir la réussite de cette campagne, ainsi que les efforts déployés par la directrice de la Fondation Mohammed VI pour la Recherche et la sauvegarde de l'Arganier pour sensibiliser les parties concernées quant à la dimension très particulière des piqûres de scorpion dans les arganeraies.
Ce fléau qui tue chaque année une centaine d'enfants au niveau national doit être aujourd'hui pris en compte par l'Etat, les associations et la société civile de façon différente, a-t-il conclu.
De son côté, le gouverneur de la province d'Essaouira, Abdeslem Bikrat, a rappelé l'impact et la gravité de cette pathologie pour la santé et ses conséquences socio-économiques, invitant les acteurs sociaux à la mobilisation et à participer activement à cette campagne qui ambitionne cette année de diminuer de 30 % le nombre des décès.
Les piqûres de scorpion représentent un véritable problème au Maroc du fait de leur fréquence et de la mortalité qui en découle surtout chez les enfants.
Plus de 30.000 cas de piqûres de scorpion sont répertoriés chaque année par le CAPM, dont 100 décès surviennent de manière brutale chez les enfants de moins de 15 ans.
"Notre projet a pour finalité d'établir un partenariat pour créer des activités intégrées et structurées entre les différents acteurs" (élus, autorités locales, départements ministériels et Ong), a fait remarquer la directrice du CAPM, Mme Rachida Soulaymani Ben Cheikh, relevant dans ce cadre l'importance de la création de comités régionaux et locaux avec pour mission d'oeuvrer à la promotion des conditions de vie des populations et à l'amélioration du niveau des prestations sanitaires, plus particulièrement au sein des services de pédiatrie et de réanimation.
Pour sa part, la responsable du département de toxicovigilance au sein du CAPM, Mme Ilham Slimani, a souligné dans son intervention consacrée à la présentation de la stratégie nationale et son application à travers des campagnes de lutte contre les PES, que l'analyse des caractéristiques du scorpionisme au Maroc a permis de soulever "les erreurs et les insuffisances dans la lutte anti-scorpionique" et sur cette base le CAPM a élaboré, en 1999, cette stratégie.
Diminuer la morbidité et la mortalité causées par cette pathologie et rationaliser les dépenses en santé publique, constituent les principaux objectifs de cette stratégie nationale dont les composantes sont la sensibilisation et l'éducation de la population, la formation du personnel médical et paramédical, l'amélioration de la qualité de prise en charge des patients ainsi que la mise en place d'un système d'information spécifique, a-t-elle expliqué.
Tout en se félicitant des résultats obtenus ces dernières années, Mme Slimani a relevé l'impératif de poursuivre la lutte contre ce fléau à travers l'équipement des services hospitaliers (médicaments, matériels et ressources humaines), la généralisation de l'audit clinique, le renforcement de la communication, l'implication soutenue de la société civile et la participation effective des autres ministères concernés et des autorités locales.
La rencontre a été marquée par des exposés sur la présentation du plan d'action 2008 à Essaouira et par la remise des prix aux élèves lauréats d'un concours de dessin sur la prévention contre la piqûre de scorpion (1er prix national, 4 prix régionaux et 11 prix provinciaux).
Des rencontres de sensibilisation sur le terrain au profit des écoliers et des femmes de la coopérative d'arganier de la commune rurale de Smimou étaient également au programme.
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