L'œuvre riche et diversifiée de feu Mohamed Sijelmassi a été l'objet d'un colloque, à Casablanca, ayant réuni des historiens, des anthropologues, des sociologues, des architectes et des critiques d'art.
Cette pléiade d'intellectuels est appelée revisiter, à travers des regards croisés, l'œuvre titanesque de Sijelmassi (une trentaine d'ouvrages) et ses apports à la valorisation du patrimoine culturel artistique et civilisationnel islamique en général et marocain en particulier.
Et pour cause seules des approches multidisciplinaires peuvent appréhender la diversité du travail d'investigation mené durant plus de quatre décennies par Sijelmassi et qui a été couronné par des publications sur l'art plastique "La peinture marocaine" (1972), la civilisation "L'art traditionnel du Maroc" (1974), l'architecture "La Mamounia", l'écrit "La calligraphie arabe" ou "La célébration de l'invisible" (1976) ou encore "Enluminures des manuscrits royaux au Maroc" (1987).
Ce praticien (de son état pédiatre) féru d'art dès son enfance et qui a complété ses études de médecine par des cours d'histoire, a également consacré deux ouvrages à l'enfance, fruits de son expérience professionnelle "Les enfants du Maghreb entre hier et aujourd'hui" (1984) et "Le guide des parents"(1993).
Cet humaniste, qui est parti jusqu'en Inde pour se documenter sur les manuscrits, a sillonné le royaume de long en large pour connaître le patrimoine marocain dans ses diverses variantes culturelles, culinaires et architecturales.
De ce travail d'ethnologue est sorti une panoplie d'œuvres devenues une référence incontournable pour la connaissance et l'étude de l'art et de la culture marocaine tel "Casablanca que j'aime" (2003), "Fès cité de l'art et du savoir" (1991), "Vivre Marrakech"
(2005), ou encore "Le Maroc au 20e siècle : Fresque historique des hommes, des femmes et des grands évènements du siècle" (001).
""La trentaine d'ouvrages qu'il a publiée témoignent de son érudition, de sa connaissance du terrain et d'une approche originale alliant à la fois l'acuité du regard photographique, le travail minutieux sur la mémoire et une attention particulière à la créativité des Marocains'', dira la critique à propos de l'œuvre de Sijelmassi.
"Ce médecin humaniste, chercheur infatigable et photographe au regard alerte et intelligent a enrichi la bibliothèque marocaine d'un grand nombre d'ouvrages qui ont mis en valeur des pans entiers de la culture marocaine", a souligné en cette occasion, Mohamed Sghir Janjar, directeur de la fondation du Roi Abdelaziz Al Saoud qui accueille les travaux de ce colloque initié par la Fondation "Mohamed Sijelmassi pour la promotion des arts et la culture au Maroc".
L'éthique de la conservation, qui a fait de Sijelmassi un ethnologue, un documentaliste et un archiviste, a été couplée par le souci de transmission et du partage qui l'a amené à chercher la maîtrise des nouvelles technologies pour donner à ses recherches un contenu pédagogique dédié aux jeunes, a-t-il ajouté.
C'est pour poursuivre l'œuvre titanesque de mémoire accomplie par ce chercheur particulier que la Fondation "Mohammed Sijelmassi" a été créée, dira, de son côté, le secrétaire général de cette institution Abdeslam Sijelmass.
"Notre objectif est de rendre accessible les dizaines de milliers de photos, textes et autres documents rassemblés par Sijelmassi durant une cinquantaine d'années pour renforcer la connaissance de la civilisation, de la culture et de l'art au Maroc", a-t-il fait savoir, rappelant que la Fondation a démarré une opération de recensement et d'archivage de l'ensemble de l'œuvre de Sijelmassi et l'élaboration d'un fichier thématique sur la civilisation marocaine.
La Fondation, qui entend également encourager tous les travaux de recherche menés dans ce sens, compte instituer le prix Mohamed Sijelmassi pour récompenser les jeunes et talentueux peintres et créer un espace de rencontres, d'exposition et d'initiation aux arts plastiques, a-t-il indiqué.
Les travaux de ce colloque placé sous le thème "Maroc : culture, art, mémoire, regards croisés sur l'œuvre de Mohamed Sijelmassi" s'articuleront en trois sessions à savoir "L'esthétique de Mohamed Sijelmassi", "Patrimoine, culture et arts traditionnels" et "Regard et approche de Mohamed Sijelmassi".
Sont entre autres invités à animer cette rencontre, qui prendra fin samedi, Abdelkebir Khatibi (écrivain), El Houssain Moujahid (linguiste), M'Hamed Benaboud (historien), Ali Amahan (anthropologue), Catherine Cambazard (Historienne), Salima Naji (architecte et anthropologue), Abderrahim Sijelmassi (architecte), Brahim Alaoui (critique d'art - Paris), Ali Benmakhlouf professeur - Nice), Abdellah Bounfour (professeur - Paris), Thierry Fabre (Chercheur-journaliste - Marseille).
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