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Economie : Le HCP table sur un taux de croissance de 5,3%
Posté par Kounach le 10/7/2008 12:24:46 (733 lectures)

L'économie marocaine devrait réaliser un taux de croissance de 6,2% en 2008 et de 5,3% en 2009, malgré le ralentissement de la croissance mondiale, a estimé le Haut commissariat au Plan (HCP), qui vient d'élaborer son budget économique exploratoire pour l'année prochaine.

L'économie nationale a profité en 2008 de la consolidation des activités du bâtiment et travaux publics (BTP), des industries de transformation, des mines, du tourisme, des télécommunications et des autres services, ainsi que de l'amélioration de la production céréalière durant la campagne 2007-2008, précise le HCP, dans une note sur la situation de l'économie en 2008 et les perspectives de croissance 2009.

Les perspectives d'évolution de l'économie nationale en 2008 et 2009 confirment la résilience de la croissance des activités secondaires et tertiaires par rapport aux fluctuations du secteur agricole, souligne le HCP ajoutant que depuis 2004, les activités non agricoles se sont accrues à un rythme soutenu d'environ 5,5% par an, alors que le secteur primaire a enregistré une hausse de sa valeur ajoutée de 1,3% par an, tout en variant entre des taux extrêmes (-11,1% en 2005, 21% en 2006, -20% en 2007 et 9,7% en 2008).

En 2008, les activités non-agricoles s'accroîtraient à un rythme de 5,2% au lieu de 6,2 une année auparavant, indique le HCP ajoutant que la croissance de l'économie nationale serait accompagnée par la maîtrise de la hausse des prix intérieurs, grâce à l'expansion des dépenses de compensation qui dépasseront 40 milliards dirhams à fin 2008 au lieu de 15 milliards retenus initialement dans la loi de finances.

Selon le HCP, le taux d'inflation, mesuré par le prix implicite du PIB, serait de 3,1% au lieu de 3,8 en 2007.

Au niveau des activités sectorielles, le secteur secondaire réaliserait une croissance de 5,2% au lieu de 6,6%, soit un léger ralentissement attribuable à la reprise lente de l'activité énergétique et à la modération du rythme d'accroissement de l'activité du BTP.

Le secteur tertiaire dégagerait, pour sa part, une valeur ajoutée en hausse de 5,3%, alors que le secteur primaire, soutenu par une production céréalière de 50 millions de qx au lieu de 20 millions enregistrés en 2006-2007, réaliserait une valeur ajoutée en hausse de 9,7% en 2008 au lieu d'une baisse de 20 % en 2007.

L'économie marocaine serait influencée par l'environnement international marqué par le "renchérissement sans précédent des produits pétroliers, des matières premières et des produits alimentaires", indique le HCP, ajoutant que la demande mondiale adressée au Maroc serait en ralentissement pour la 2e année consécutive. Son rythme de progression se situerait à près de 4,1% en 2009 au lieu de 5,4% en 2008 et 7,6% en 2007.

Selon le HCP, l'économie nationale bénéficierait de la vigueur de la demande intérieure, notamment l'expansion de l'investissement aussi bien public que privé, de la consommation des administrations publiques et des ménages résidents, profitant de la valorisation des salaires et de la baisse de l'impôt sur le revenu.

Elle serait également soutenue par la relance des exportations de marchandises et par la consolidation de la demande des touristes étrangers, ajoute la même source.

En 2009, les activités non-agricoles devraient enregistrer une hausse de 5,6% au lieu de 5,2% en 2008, alors que les activités du secteur secondaire s'accroîtraient de 5,9% contre 5,2%.

De son côté, le secteur tertiaire afficherait une hausse de 5,4% contre 5,3%, au moment où la valeur ajoutée du secteur primaire s'accroîtrait, sur la base d'une production céréalière d'environ 60 millions de qx durant la campagne 2008-2009, de près de 3,5% au lieu de 9,7%.

La consommation finale nationale réaliserait une croissance en volume de 5,5% et contribuerait pour 4,2 points à la croissance économique en 2009 contre 3,6 points en 2008.

Pour sa part, la formation brute du capital fixe continuerait sa tendance à la hausse et dégagerait une augmentation en volume de 12% et sa contribution à la croissance serait d'environ 4 points, soit la même contribution qu'en 2008, permettant à l'investissement brut de contribuer pour 2,8 points à la croissance en 2009.

Les échanges commerciaux de biens et services, dont le solde est de plus en plus déficitaire, dégageraient une contribution négative à la croissance de l'ordre de 1,7 points en 2008 et 2009 contre une contribution négative de 4,2 points en 2007, ajoute la même source.

L'épargne nationale représenterait environ 34% du PIB en 2009, en légère amélioration par rapport à 2008. Elle serait, toutefois, insuffisante pour financer la totalité de l'investissement brut prévu à 36,9% du PIB contre 35,5% en 2008, soit un besoin de financement de l'ordre de 2,9% du PIB au lieu de 1,7% en 2008.

Pour le HCP, la croissance économique nationale serait accompagnée d'une inflation contenue à des niveaux maîtrisables d'environ 3,1% en 2008 et 2,6% en 2009, ce qui est n'est pas le cas dans plusieurs pays en développement où la hausse des prix est estimée à 7,4% en 2008 et à 5,7% en 2009.

La préservation de la compétitivité de l'économie marocaine serait réalisée au prix d'un effort excessif du budget de l'Etat en matière de soutien des prix ce qui soulève des interrogations sur la capacité de l'Etat à continuer d'absorber l'inflation importée à un moment où les impératifs du développement humain requièrent encore des ressources financières importantes pour concrétiser les objectifs escomptés, précise le HCP.

Le compte épargne-investissement, excédentaire à partir de l'année 2001, s'inscrit depuis 2007 dans un retournement de tendance et dégage désormais des déficits en accroissement, ce qui est synonyme d'une accentuation du déficit courant des finances extérieures. Le prolongement de cette tendance serait de nature à réduire la solvabilité de la balance des paiements à moyen terme.

Toutes ces prévisions peuvent être modifiées dans le cadre du budget économique prévisionnel 2009 après l'adoption de la loi de finances et son adoption par le Parlement pour prendre en considération les différents changements susceptibles d'affecter les politiques économiques durant l'année prochaine, précise le HCP.


source : map

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