L'externalisation est un phénomène relativement récent pour l'économie marocaine, mais elle stimule déjà le marché de l'emploi. Les experts s'attendent à en voir les bénéfices dans les dix ans qui viennent.
Le Maroc apparaît comme l'un des dix principaux pays dans le monde pour les services d'externalisation, bien qu'il ne soit entré sur ce marché que récemment. C'est ce qu'a indiqué le ministre du Commerce Extérieur Abdellatif Maazouz, dans un entretien publié récemment dans le magazine hebdomadaire francophone Jeune Afrique.
Il y a trois ans, a expliqué M. Maazouz, ce secteur n'était même pas pris en compte dans les calculs des recettes du pays.
"La demande des méga-investisseurs d'investir dans des secteurs lourds est un motif d'optimisme", a poursuivi le ministre, "et elle peut attirer d'autres investisseurs de renommée mondiale."
L'externalisation devrait également stimuler fortement le marché de l'emploi dans le pays.
Le Maroc a ouvert ses portes à l'externalisation en juillet 2006, comme l'une des composantes de l'initiative de développement baptisée "Plan Emergence". Elle est aujourd'hui considérée comme l'un des vecteurs les plus prometteurs de la croissance économique.
Selon le politologue Ibrahim Yahia, les sociétés multinationales sont attirées par la situation géographique et culturelle du Maroc, ainsi que par son dynamisme économique. La stabilité politique et le faible coût de la main d'oeuvre par rapport à l'Europe, a-t-il expliqué, font également partie des critères essentiels que considèrent les sociétés multinationales lorsqu'elles choisissent le Maroc comme destination de leurs activités d'offshoring.
Au cours des dix ans qui viennent, la demande en services externalisés devrait augmenter, a indiqué M. Yahia.
Deux sites spécifiques de Casablanca et de Rabat ont été équipées pour accueillir les services externalisés. Les premiers bureaux, situés à "Casanearshore", ont été livrés en décembre 2007. "Rabat Technopolis" a suivi peu de temps après, en juillet 2008.
Aujourd'hui, plus de trente-cinq entreprises ont signé des contrats de location-bail sur ces deux sites. Le ministère de l'Industrie et du Commerce a précisé sur son site web que le secteur de l'externalisation pourrait doper le PIB de près de 15 milliards de dirhams d'ici 2015, et permettre de créer quelque 100 000 emplois.
De nouveaux sites devraient être opérationnels à Tanger et Fez dans un avenir très proche.
"Ce secteur regorge en potentiel de développement du fait de la forte demande des pays européens en matière de fourniture de services durant les dix prochaines années", a déclaré Ahmed Akhchichine, le ministre de l'Education.
Mohamed Lasri, directeur général de Casanearshore, a expliqué que la demande d'externalisation pressante des clients européens désireux de renforcer leur présence au Maroc nécessitera une main d'oeuvre renforcée et une plus grande expertise.
Le système de l'enseignement supérieur au Maroc a en conséquence fait de ce domaine l'une de ses priorités. Aux termes d'un accord de partenariat conclu entre l'office de la formation professionnelle et de la promotion du travail, l'Agence Nationale pour la Promotion de l'Emploi et des Compétences (ANAPEC), et les universités, un programme national de formation à l'externalisation a été mis sur pied, qui propose douze filières différentes. L'objectif est de former 22 000 diplômés d'ici fin 2009.
Fatiha Houssni, technicienne au centre Nidaa, a expliqué qu'elle était resté deux ans sans emploi après avoir obtenu son diplôme. Elle travaille aujourd'hui dans l'offshoring.
L'externalisation "a réussi à résorber le chômage et à créer de nouveaux emplois", explique-t-elle, ajoutant que le salaire est plus élevé que dans les autres emplois du secteur public.
Adil Taqqi a expliqué que tout ce dont il avait eu besoin pour trouver un emploi dans l'offshoring était une bonne connaissance du français et de certaines stratégies de marketing qu'ils avait apprises lors de cours de formation proposés par la société avant son embauche. Il y a désormais un emploi et a souscrit au Fonds Nationale d'Assurance Sociale et de Prévoyance Santé.
"L'externalisation m'a aidé à débuter une nouvelle vie", a-t-il expliqué. "'J'ai réussi à terminer mes études et à obtenir un diplôme supérieur, grâce à mon nouveau travail."
Par Imane Belhaj pour Magharebia à Casablanca


