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Economie : Le chômage croît à la croissance
Posté par marocfree le 23/6/2009 16:34:09 (1266 lectures)

Peu intégrée au système international, la région MENA a été, certes, épargnée par l'impact direct de la crise mais les effets indirects se sont traduits par une réduction de moitié des taux de croissance prévue en 2009.

Selon le FMI, ces taux devraient atteindre 2,7% en moyenne pour le Maghreb, soit 2,1% en Algérie, 4,4% au Maroc, 1,1% en Libye et 3,2% en Tunisie. Le spectre du chômage pourrait donc planer.

Les régions d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient (MENA) risquent d'être confrontées à une montée du chômage malgré des projections de croissance positive à plus de 2,5% en moyenne pour 2009, a estimé mercredi le Fonds monétaire international (FMI). Peu intégrée au système international, la région a été certes épargnée par l'impact direct de la crise mais les effets indirects se sont traduits par une réduction de moitié des taux de croissance prévue en 2009. Ces taux devraient atteindre 2,7% en moyenne pour le Maghreb, soit 2,1% en Algérie, 4,4% au Maroc, 1,1% en Libye et 3,2% en Tunisie, selon le rapport de l'organisme financier international. Le ralentissement dans les pays non producteurs de pétrole résulte d'une baisse des exportations, des recettes du tourisme, des transferts des immigrés et du volume de l'Investissement direct étranger (IDE).

Pour le FMI, le Maroc et la Tunisie pourraient tirer leur épingle du jeu grâce à des campagnes agricoles annoncées comme étant « exceptionnelles ». A noter que dans son dernier rapport sur la politique monétaire, Bank Al-Maghrib avait indiqué que dans un contexte économique international marqué par l'ampleur des effets de la crise, la croissance nationale devrait s'établir en 2009 aux alentours de 5,6%, à la faveur de l'accroissement de plus de 20% de la valeur ajoutée agricole, celle des activités non agricoles ne devant progresser que de 2,3%, soit le rythme annuel le plus faible des six dernières années. La progression de la valeur ajoutée non agricole s'est limitée à 1,9% au quatrième trimestre 2008, alors qu'elle a été de 5,5% en moyenne au cours des trois premiers trimestres. La contraction des activités secondaires et l'évolution modérée des activités tertiaires devraient se poursuivre (au premier semestre 2009), en liaison avec un environnement économique international de plus en plus morose, ramenant la croissance moyenne de la valeur ajoutée non agricole à 1,7%.

La conjoncture internationale défavorable se transmet à l'économie nationale à travers les canaux réels de propagation, essentiellement les exportations de biens et services et les transferts de fonds des Marocains résidant à l'étranger. Dans ce contexte, la croissance non agricole s'est inscrite en rupture par rapport à sa tendance observée au cours des quatre dernières années, revenant à 1,9% au quatrième trimestre 2008. Elle ne devrait pas dépasser 2% au cours du premier semestre et serait inférieure à 3% pour l'ensemble de l'année 2009, au lieu de 4,2% en 2008 et 6,5% en 2007. La croissance globale devrait toutefois, à la lumière des dernières données disponibles sur la campagne agricole, se situer entre 5 et 6% en 2009, un niveau comparable à celui réalisé en 2008.
Sur un autre registre et selon le FMI, au niveau de la région MENA, le chômage risque de s'intensifier, il faudra accélérer la création d'emplois pour ne pas aggraver ses taux.

Quelque 500.000 emplois seront nécessaires pour maintenir les taux à leurs niveaux actuels, un objectif difficile, sinon impossible dans le contexte de crise. Au Maroc, et selon Bank Al-Maghrib, au terme du premier trimestre de cette année, le ralentissement de l'activité non agricole s'est reflété sur l'emploi du secteur industriel qui a connu une perte nette de 60.000 postes. De même, le secteur «agriculture, forêt et pêche» a enregistré une perte nette de 60.000 postes, l'effectif employé restant supérieur à celui du même trimestre de l'année dernière. L'impact de l'évolution défavorable de l'activité non agricole sur l'emploi est d'ailleurs perceptible à travers les résultats de l'enquête de conjoncture de BAM relatifs au premier trimestre 2009. En effet, l'effectif employé dans le secteur industriel a reculé d'un trimestre à l'autre. Au niveau sectoriel, à l'exception des industries chimiques et parachimiques, où l'effectif est resté stable, toutes les branches ont connu une contraction des effectifs employés.

Au premier trimestre 2009, la population active a atteint environ 11,32 millions de personnes, en légère hausse par rapport à la même période de l'année 2008, recouvrant une légère augmentation aussi bien dans le milieu urbain que rural. Cette évolution de la population active s'est traduite par un recul du taux d'activité de près de 0,7 point de pourcentage en glissement annuel pour se situer à 50,3%. Dans son rapport, le FMI recommande de renforcer les bases d'une croissance durable, de centrer les dépenses sur la capacité de production de l'économie, d'améliorer le climat des affaires et de renforcer le système financier.

L'enquête de BAM

Selon la dernière enquête de conjoncture de BAM, les perspectives d'évolution de l'activité pour les trois prochains mois restent globalement favorables. Les professionnels anticipent la poursuite des signes de reprise observés, avec notamment un renforcement des ventes, tant locales qu'étrangères. En mai dernier et parallèlement, les prix des produits finis devraient connaître une orientation à la hausse. Les prix des produits finis ont augmenté d'un mois à l'autre dans l'ensemble des branches. Cette situation recouvre une baisse des prix dans les industries du textile et du cuir, une stabilité dans les industries agroalimentaires et une hausse dans les autres branches. Les commandes globales reçues ont progressé dans l'ensemble des branches, à l'exception des industries mécaniques et métallurgiques, où elles ont baissé, et des industries du textile et du cuir où elles ont stagné. En dépit de l'amélioration ainsi observée, le niveau des commandes demeure inférieur à son niveau habituel dans toutes les branches.

Par Abdelali Boukhalef | LE MATIN
source : lematin.ma

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