Houda Abrarou vient juste d'apprendre qu'elle a obtenu la meilleure moyenne aux épreuves du bac. Après avoir obtenu une moyenne de 18,67 sur 20 en section sciences physiques, Abrarou voit un avenir radieux s'ouvrir devant elle. Magharebia l'a rencontrée à Rabat et lui a demandé la recette d'un tel succès.
Magharebia: Comment avez-vous appris la bonne nouvelle d’avoir décroché la première moyenne au baccalauréat au niveau national ?
Abrarou: J’étais très contente. En toute franchise, je ne m’attendais pas à être la première au niveau du Maroc, même si j’ai toujours persévéré et fait tout ce que je pouvais pour être parmi les premiers. C’est un grand honneur pour ma famille, mon lycée et moi.
Magharebia: Qui vous a soutenu pour arriver à ce résultat ?
Abrarou: Si je suis aujourd’hui à la tête du peloton, c’est avant tout grâce à Dieu. Mes parents m’ont beaucoup épaulée durant mes études. Ma mère et mon père ont toujours tout fait pour réunir toutes les conditions favorables à mes études. Par exemple, ils m’ont dispensé des cours de soutien scolaire pour que je n’éprouve aucune difficulté.
Magharebia: Justement, quel est votre avis sur les cours supplémentaires qui sont souvent critiqués par les élèves et les parents ?
Abrarou: Je pense que les cours de soutien ont des avantages, mais aussi des inconvénients. L’élève doit en bénéficier, alors qu’on remarque que certains n’apprennent rien, même s’ils recourent à cette méthode. Personnellement, je prenais des cours en sciences et en mathématiques.
Magharebia: Quel est le secret de votre réussite ? Est-ce l’intelligence ou la persévérance ?
Abrarou: Ce sont les deux à la fois. L’intelligence à elle seule ne suffit pas. L’intelligence se cultive au fil des années scolaires. C’est un cumul qui porte ses fruits et permet à l’élève de suivre ses cours sans problèmes. L’élève doit être sérieux et persévérer durant toutes les années de ses études pour parvenir à un bon résultat.
Magharebia: Quelles sont vos aspirations pour l’avenir ?
Abrarou: Je n’ai pas encore décidé. Vu que j’ai eu une bonne moyenne, plusieurs choix se dressent devant moi. Pour le moment, je pense aux classes préparatoires. Après deux ans, je peux accéder à l’une des écoles prestigieuses du Maroc, comme l’Ecole des Ingénieurs de Mohammédia.
Quand j’étais plus petite, je voulais être médecin. Mais mon rêve a évolué au fil des années. Maintenant, je pense à l’ingénierie, qui est une profession très prisée au Maroc.
Magharebia: Quel regard portez-vous sur le système d’orientation scolaire au Maroc à partir de votre expérience personnelle ?
Abrarou: Globalement, c’est un bon système. Mais il reste encore des réformes à faire à ce niveau-là pour l’améliorer encore, car bon nombre d’élèves n’arrivent pas à se prononcer. Personnellement, j’ai bénéficié de l’orientation mise en place. On nous a beaucoup aidé.
Magharebia: Quels sont les conseils que vous pouvez donner aux élèves pour arriver à exceller dans leurs études ?
Abrarou: J’ai un seul conseil à leur donner : travail et persévérance. L’élève doit être sérieux dans son travail. C’est le sérieux qui donne toujours des résultats fructueux. Ceux qui n’ont pas réussi doivent admettre qu’ils ne se sont pas bien préparés durant l’année. On ne peut pas préparer l’examen quelques jours seulement. C’est un effort qui commence dès la première semaine de l’année scolaire.
Magharebia: Vous n’avez pas encore l’âge du vote. Mais pensez-vous voter pour les prochaines élections ?
Abrarou: Je n’ai pas encore 18 ans. Mais je pense que le vote est un devoir. Je reconnais tout de même que je n’ai pas une grande connaissance de la politique car j’ai toujours été occupée par mes études.
Magharebia: Que pensez-vous des jeunes de votre âge ?
Abrarou: Il existe des jeunes qui suivent la bonne voie et arrivent à décrocher de bons résultats. Malheureusement, d’autres empruntent le chemin de la débauche. On voit dans les lycées les phénomènes du tabagisme et de la drogue. Quelques élèves s’autodétruisent. Ces phénomènes sont dus à la marginalisation tant des parents que des établissements scolaires. Une grande responsabilité incombe également aux élèves qui ne sont pas conscients qu’ils mettent en jeu leur avenir.
Magharebia: Quelles sont les préoccupations des jeunes, notamment des filles ?
Abrarou: Je crois que la plupart sont occupées par leurs études, la culture générale dans les domaines qui les préoccupent tels que l’art ou les sciences. Internet attire certains jeunes. Les centres d'intérêt diffèrent d’un jeune à l’autre. Chacun a ses passions.
Par Sarah Touahri pour Magharebia.ma à Rabat


