Dans le cadre des réformes radicales visant à améliorer la compétitivité du Maroc, le gouvernement d'Abdelilah Benkirane veut restructurer le secteur de l'éducation en améliorant les écoles et universités d'Etat.
Selon le chef de gouvernement, les efforts seront axés sur la gouvernance et la qualité du système éducatif, qui doit récupérer sa fonction pédagogique. Un intérêt sera porté à l’amélioration de la situation des enseignants tout en renforçant la redevabilité.
Le gouvernement s’engage à doter l’école d'un véritable pouvoir de décision et de l’indépendance de la gestion tout en déployant les moyens nécessaires.
"Cela permettra au personnel enseignant et à l’administration d’être pleinement mobilisés et redevables des résultats obtenus", a précisé Benkirane.
Les établissements seront évalués périodiquement pour mesurer les résultats et les réalisations et redresser les dysfonctionnements. Chaque établissement sera appelé à mettre en place son programme pédagogique adapté au contexte local en se basant sur le programme national.
Les programmes seront révisés. Le gouvernement optera pour le suivi et l’amendement régulier des programmes selon les dysfonctionnements constatés. L’enseignement des langues sera renforcé. En effet, il a été constaté au cours des dernières années que le niveau dans cette discipline s'était fortement dégradé, ce qui se répercute négativement sur les chances des candidats d'accéder au marché du travail.
L’amélioration de l’orientation est un autre élément clé du programme pour orienter les élèves et les étudiants vers les filières adéquates, notamment celles réclamées par les employeurs.
Le programme Tayssir sera généralisé au niveau national afin d’éviter la déperdition scolaire qui se chiffre officiellement à 300 000 élèves par an. Il s’agit d’une aide directe attribuée aux ménages nécessiteux conditionnée par la scolarité de leurs enfants.
Le chef de gouvernement promet également de lutter contre tous les phénomènes négatifs au sein de l’école comme la violence, la consommation de drogue et le harcèlement sexuel.
Dans l’enseignement supérieur, un intérêt sera porté aux classes préparatoires aux grandes écoles. La carte universitaire sera actualisée pour répondre aux besoins en cadres supérieurs au niveau social et économique. L’offre pédagogique au niveau quantitatif et qualitatif sera améliorée. De nouveaux établissements universitaires spécialisés seront créés, notamment en médecine et en ingénierie, ainsi que des écoles supérieures de droit.
La réforme touchera le renforcement des compétences des étudiants en langues et en nouvelles technologies, tout en les initiant à la culture de l’entreprise. Un organisme national d’évaluation et de qualité sera créé à l’horizon 2013/2014 ainsi qu’un observatoire national chargé de l’adaptation de l’enseignement supérieur aux besoins du marché du travail.
Selon le ministre de l’Enseignement supérieur Lahcen Daoudi, il faut impliquer le monde de l’entreprise dans ces réformes. Il estime qu’il est nécessaire de demander aux entreprises de prendre en charge 30 à 40 pour cent du budget annuel de son département. Il pense notamment aux sociétés de télécoms qui peuvent appuyer la recherche.
L'école ne doit pas se contenter de créer une société du savoir, mais d'un savoir suceptible d’être transformé en profession, selon Abdelhafid Fahmi, directeur du Centre marocain des études sur l’emploi.
"Les jeunes doivent être encadrés et nous devons assurer une meilleure communication relative aux programmes qui leur sont proposés", a-t-il expliqué.
La formation est la meilleure solution pour promouvoir l'emploi, explique Hamad Kassal, ancien président de la fédération PME-PMI à la Confédération générale des entreprises au Maroc (CGEM). Il indique que les nouveaux métiers comme la comptabilité et l'externalisation souffrent d'un manque de compétences, ce qui exige l'adaptation de la formation aux besoins du marché de l'emploi.
source : Magharebia.com


